One Gad show

Billets

Les places étaient réservées depuis un an, à l’initiative de ma femme : un soir à la TV, entre deux éclats de rires, elle me dit « allons voir Gad Elmaleh ! »

Mardi 25 novembre, je l’avais presque oublié…

… mais j’y étais !

impatient devant le Palais des Sports de Paris, des centaines de spectateurs se pressaient autour de moi avec la précision des bancs de poissons qu’on traverse sans jamais les effleurer. J’attendais Madame, l’inertie de ma vie. Je ne pensais pas alors à Gad, son portrait s’affichait en grand derrière moi. Des gens venus de loin prenaient la pause devant l’objectif capricieux de leur smartphone et moi, j’étais ailleurs.

Une fois à l’intérieur du Palais, je suis curieux de voir cette foule prendre place dans ce chaos numéroté. On croise Papa Elmaleh, radieux. Jack Lang… vieux. Et puis on cale ses jambes, s’agace des écrans encore allumés. Aucun n’aura sonné. Merci.

Et il arrive, dupliqué sur deux écrans géants, le même qu’à la TV. Plus beau, plus grand aussi. Très chic, il devance les sceptiques :

« Pourquoi que je suis habillé en Nikos ? »

20 ans de scène, ça se soigne. J’ai omis un petit dessin animé en prélude avec Kev Adams à la voix OFF : frais, drôle et juste. Comme Gad. Il avait le trac, ça se sentait. Gestion millimétrée et énergie calibrée : c’est un grand professionnel qui traquait.

Et c’est ce que j’aime chez Gad, cette sincérité dans le jeu de scène, jamais détournée. L’écrit ne fait pas tout dans son spectacle : l’amour du public le rend profond. Quand il est coupé dans son texte par les interventions des spectateurs, il ne fait pas semblant de rechercher à se placer. Il le dit, avec humour, l’avoue, et les rires qui s’ensuivent attestent que là où Gad Elmaleh excelle, c’est dans l’improvisation.

Et quelle impro !

Mélodie pourra le confirmer, elle qui a dépêché ses 3 coloc’ pour son anniversaire, interpellée et relancée par Gad himself. L’échange dure bien 2 minutes, Mélodie est transportée. Puis Gad le confie : il n’a plus de vannes, demande à l’intéressée s’il peut continuer…

Merci Gad de ta générosité, ton rebond perpétuel sur les interpellations du public. Tu es animé d’un amour qui transparaît, même dans le trac, même pour la première et c’est ce que j’étais venu voir : un homme en scène. Tu ne laisses jamais le contexte -salle immense, moyens conséquents, public acquis- te corrompre, te laisser emprunter la voie si classique du texte maitrisé.

Gad aborde des thèmes brûlants et ça c’est pour moi une nouveauté. Hollande, sa cocue, le mariage gay sur lequel Gad gage qu’il a « un avis très clair sur le sujet », manque de perdre une spectatrice pourtant dévouée, joue avec le briquet des idées mais écarte les pièges sans difficulté. Les religions, le rêve américain, la notoriété… Gad en parle, joue, danse, chante, prévient : « c’est pas la peine de se demander combien de fois pour les rappels : y’en aura deux. Pas de surprise, je reviens deux fois ensuite je rentre me coucher, regarde Confessions Intimes, comme vous. Ah ! Je vais  chanter aussi… »

Est-ce le trac qui te fait nous montrer tes ficelles, ou une empathie poussée à l’extrême pour ne pas voir ton public frustré ?

Gad tu nous aimes et ne cesse jamais de le montrer : merci.

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